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Avec Angèle Merici

Au XVI siècle, Angèle ouvre une autre porte : celle de la consécration à Dieu vécue dans le monde.

Longtemps les femmes n'eurent le choix qu'entre le mariage et le couvent. Le 25 novembre 1535, quand Angèle fonde la

« Compagnie de Ste Ursule », à Brescia, en Italie,

elle ne précise pas à ses filles d’apostolat particulier, hormis celui du témoignage. Consacrées, restant dans leurs familles ou dans les maisons, où elles travaillent comme servantes ou dames de compagnie, leur exemple doit suffire à porter leur entourage au bien. Elles rendent ainsi l’Amour de Dieu présent à la société du temps, marquée par les guerres, les épidémies, les troubles économiques et sociaux mais aussi par l’humanisme de la Renaissance et les prises de conscience ecclésiales qui conduiront au Concile de Trente.

Ste Angèle désire fortement que ses filles soient capables de s’adapter selon les temps et les circonstances. Elle-même déploie une grande activité apostolique : consolation et soutien de ceux qui souffrent, réconciliation de ceux qui s’affrontent, conseils à ceux qui doutent ou ont des décisions à prendre. Sur le plan spirituel, elle explique avec clarté les Écritures et éclaire ses interlocuteurs dans leur vie de foi.

Une vingtaine d’années après sa mort, la « Compagnie » de Brescia est chargée par son évêque des écoles de la Doctrine chrétienne pour les filles. Elle s’organise donc pour assurer ce qu'on appellerait maintenant la « catéchèse paroissiale».

C’est avec cette mission que la Compagnie est fondée en France vers 1594. A l’enseignement du catéchisme s’adjoint celui de la lecture, de l’écriture et du calcul. On s’oriente alors de façon décisive vers l’instruction des filles. Après le Concile de Trente, les Ursulines sont amenées à s’organiser en Ordre, composé de monastères autonomes, dans lesquels elles poursuivent l’œuvre d’éducation, allant jusqu’à prononcer, en certains lieux, un quatrième vœu : celui de « l’instruction des filles ».
C’est sous cette forme que les Ursulines se répandent rapidement en France, au Canada et dans le monde entier, s’adaptant aux circonstances de temps et de lieux.

Aujourd’hui, sur les 5 continents, "l’éducation en vue de l'évangélisation " (Constitutions n° 94) est la forme spécifique de l’apostolat confié par l’Eglise aux Ursulines.

En voici les grands traits :

  • Vivre en consacrées,
  • Faire honneur à Jésus Christ « unique trésor »,
  • Vivre de l’amour de Dieu en communauté,
  • Vivre de sa Parole, et en faire vivre en partageant « les richesses de la foi »,
  • Accompagner les personnes dans l’invention « libre et joyeuse» de leur propre chemin (vocation, mission), avec un regard d’espérance en ce que chacun peut devenir avec la grâce de Dieu,
  • Initier et favoriser les relations : « garder, désirer, embrasser, chercher » l’unité et la Paix,
  • Faire grandir la vie en développant les compétences personnelles, en accompagnant la croissance des personnes en vue de servir Dieu et la communauté humaine,
  • Aimer et servir l’Eglise et, en Eglise, servir le monde et la société.